LA MONTAGNE VIVRA

L’histoire a commencé au printemps 1980


A l’époque, le premier ministre avait une préoccupation avec le trou de la Sécurité Sociale, il voulait faire des économies.
Les oeuvres Sociales de l’armée qui géraient à Cormeilles en Parisis un Institut Médico Pédagogique (IMP) pour les enfants de militaires ont été candidates à la fermeture de l’établissement. Il y avait très peu d’enfants de militaires à l’IMP “La montagne”, les parents préférant envoyer leurs enfants dans des instituts proches de leur domicile.

Les procédures habituelles ont été mises en place : informations au comité d’entreprise, contre propositions des salariés et tout le monde est parti en vacances.
Au retour, en septembre, tous les enfants avaient été placés ailleurs.
La fermeture pouvait commencer.
Les salariés se sont organisés dans un établissement vide de pensionnaires.

Le 6 octobre 1980, ils décidèrent de l’occupation des locaux du centre ville destinés aux plus âgés de l’IMP.
L’occupation fut levée le 31 juillet 1981 avec un protocole d’accord qui laissait les locaux aux salariés grévistes et l’accord de la commission régionale des institutions sanitaires et sociales pour l’ouverture dans ce lieu d’un service d’accueil d’urgence.

Occuper des locaux d’accord, mais pour retrouver son emploi, il fallait être imaginatif.

Il y avait trop d’établissements pour enfants atteints de déficience intellectuelle dans le département, mais de quoi le Val d’Oise avait -il besoin?
Nous avons mené une enquête auprès des différents professionnels et le manque évident était celui d’un accueil d’urgence pour adolescents.

Dans un premier temps, l’espoir était qu’une autre association reprenne les salariés.
Certaines venaient visiter les locaux.
Très vite, il fut évident qu’elles préféraient des locaux vides de salariés.

En novembre 1980, les salariés grévistes avec tous ceux qui les soutenaient ont fondé une association. L’IMP “La montagne” était fermé, l’association s’appellera La montagne vivra pour proposer une reprise d’activités autour de l’accueil d’urgence.

Les locaux occupés pouvaient être utile à des jeunes en difficulté, les salariés licenciés voulaient continuer à travailler : l’accueil en urgence de jeunes fut donc décidé et n’a pas cessé jusqu’au 31 juillet 1981. C’était le début de l’accueil d’urgence tenu par les salariés grévistes et ceux qui les soutenaient.

De cette longue grève sont nées des pratiques d’organisation et de décisions collectives qui sont encore la réalité d’aujourd’hui.

La montagne vivra vit sur le principe : une personne, une voix.